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29-09-05 Arrestation de Tchanguis Vathanka, protestation
Au nom de l'Union des Radios et Télévisions Libres du Mali (URTEL), nous condamnons avec énergie cette atteinte à la liberté de Monsieur Tchanguis Vathanka, directeur-fondateur de Radio Brakos et rédacteur en chef de ladite radio, surtout sa possible extradition vers son pays d'origine où aucune garantie n'est donnée ni pour sa défense, ni pour sa vie. Pour la vie d'un être humain en réel danger et pour la promotion de la liberté des journalistes à travers le monde et singulièrement en Afrique, nous demandons au gouvernement tchadien de faire preuve de mansuétude et de hauteur d'esprit pour élargir Monsieur Thanguuis. La terre africaine est très connue pour son hospitalité. Et pour aucune raison, un journaliste ne doit être livré à ses bourreaux.
Nous espérons être entendus par les plus hautes autorités du Tchad.
A tous nos confrères Tchadiens, nous leur renouvelons notre compassion et notre détermination à les soutenir pour toutes les actions qu'ils voudraient entreprendre dans le respect des textes démocratiques pour l'aboutissement de leurs doléances se rapportant à ce sujet et autres violations de l'intégrité des journalistes.
Yaya Sangaré
Président URTEL-Mali
Bamako
29-09-05 Mandat d'arrêt de la Belgique contre Hissène Habré
LEMONDE.FR - La ministre belge de la justice, Laurette Onkelinx, a annoncé, jeudi 29 septembre, que son pays avait lancé un mandat d'arrêt international à l'encontre de l'ancien président tchadien Hissène Habré (réfugié au Sénégal), pour "violations graves du droit humanitaire international" . Ce mandat d'arrêt a été délivré le 19 septembre par le juge d'instruction bruxellois Daniel Fransen, et un signalement, accompagné d'une demande d'arrestation immédiate, a été adressé aux autorités sénégalaises par le biais d'Interpol. Les autorités belges ont en outre adressé au Sénégal une demande officielle d'extradition d'Hissène Habré.
Hissène Habré se voit reprocher par la Belgique "les agissements de la DDS (services de renseignement de l'Etat tchadien) , à laquelle sont notamment imputés des arrestations collectives et arbitraires, des meurtres en masse et des actes systématiques de torture, dirigés contre les membres de certaines ethnies du pays" .
COMPÉTENCE UNIVERSELLE
Le juge d'instruction Daniel Fransen s'était rendu au Tchad en février 2002 pour procéder à une enquête dans le cadre de l'instruction de la plainte pour tortures et crimes contre l'humanité déposée en Belgique contre l'ancien président tchadien par vingt et une de ses victimes. L'organisation américaine Human Rights Watch et la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) s'étaient alors félicitées de cette nouvelle étape dans la procédure engagée par les victimes contre Hissène Habré, qui réside au Sénégal depuis son éviction du pouvoir en 1990.
Cette action illustre aussi pour les ONG "la pérennité de la loi belge sur la compétence universelle" , qui permet à la justice de ce pays de se saisir d'affaires portant sur des crimes internationaux, même si elles ne concernent que des étrangers. Cette compétence a été récusée, le 14 février 2002, par la Cour internationale de justice, mais seulement pour les dirigeants en exercice. Hissène Habré avait été inculpé au Sénégal, il y a deux ans, avant que la justice sénégalaise ne se déclare incompétente. Les plaignants se sont alors tournés vers la Belgique.
25-09-05
TCHAD: Le président tchadien promet à RSF la libération de 2 journalistes incarcérés |
« Le président Idriss Déby m'a fait la promesse que lundi, le procès [en appel] aurait lieu et que, quel que soit le verdict, la directrice de publication de L'Observateur et le directeur de publication du Temps seront libérés dans les 72 heures », a déclaré le secrétaire général de Reporters sans frontières, Robert Ménard, suite à son entretien du 22 septembre 2005 avec le chef de l'Etat tchadien, à N'Djamena.
Michaël Didama, directeur de publication du Temps et Sy Koumbo Singa Gali, directrice de publication de L'Observateur ont été respectivement incarcérés le 8 et le 15 août pour « incitation à la haine et diffamation » et « incitation à la haine tribale ».
Le délibéré de l'appel de Sy Koumbo Singa Gali, Michaël Didama et Samory Ngaradoumbé, actuellement en liberté provisoire, était attendu le 22 septembre, mais l'audience a été reportée au 26 pour cause de grève des greffiers et de mauvaise santé du juge.
En revanche, il n'y a pas de perspective de libération pour Garondé Djarma, âgé de 68 ans et en mauvaise santé, condamné à quatre ans de prison pour « diffamation » et « incitation à la haine ».
Lors de sa discussion avec le président Déby, Robert Ménard a évoqué des projets de modification du cadre juridique de la presse tchadienne. « Nous allons faire des propositions aux organisations professionnelles et il leur appartient de les proposer aux autorités compétentes », a affirmé Robert Ménard. « Le président tchadien reconnaît que les journalistes ont des problèmes pour accéder aux sources d'information gouvernementales, et le chef de l'Etat a promis de faire changer cet état des choses », a ajouté le secrétaire général de Reporters sans frontières.
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Source: Alwihda - |
Chadian have right to rebel against to tyranny
“If you strike at, imprison or kill us, out of our prison or graves, we will still evoke a spirit that will thwart you, and, mayhap, raise a force that will destroy you. We defy you! Do your worst”. James Connolly
I am pleading the Chadian people (political opposition parties, military movements, and the democrats, and elites, nationalists-progresses) to unite their efforts to stand against tyranny and antidemocratic regime for the national interests. I think nothing matters now except beating Deby. It has been proven that if we open a quarrel between the past and the present, we shall have lost the future. Let the personal quarrels be forgotten, and let us keep our hatred for the common enemy. Let ethnical, tribal, regional and parties or movement or individual interest be ignored, let all our energies be harnessed, let the whole ability and forces of the Chadian nation be hurled into the struggle.
Every Chadian leader or individual against to the anti-democratic Deby and tries each days to fight the tyranny shall be respected. The regime by arresting the journalist, it has been deliberate policy to try to destroy the basic tenants of human rights which is matters of life and death for every nation. We should speak and act against those inconsistencies to end the further shedding of blood and continuance of needless suffering of our nation.
I am asking Chadian nation to give financial and moral support to those independent papers or even organize peaceful rally to show sympathy for those who struggled with their pens for the national interest. For those who are paying high prices by accepting the prison and being the voices for those do not have voices to be heard. I hope that it is not too late. I am very much afraid that it is. We could do our best to demand their release without delay by all mean is necessary.
We are the people we have the power, we must fight to establish the reign of law and to protect our liberties, dignities and freedom from any kind of tyranny. One language is understood to Deby is a used of force. Our lack of struggle against dictator would mean an age of barbaric violence, and be fatal not only for our generations but also for the generations to come. Please permit me to quote Winston Churchill, when he said, "A one man state is no state. It is enslavement of the soul, the mind, the body of mankind." Deby brute will had assassinated or killed the Chadian elites, imprisoned the journalist and exiled the best Chadian civil servants. I believed that Deby regime has destroyed people drives and the minds of our nation could be cowed be the will of this man, then our values were broken irreparably. Furthermore, the reporters whose have been arrested by court or will of one man, their fault is that they stand for free way of life. It is a life that death to metric tyrant regime. When we look inside the regime absolute rule, Chadian people have no reason to doubt the justice of our cause.
I am inviting all Chadian to fight this regime that one's of the worst regime in the face of the earth or Chad had ever known. I am quite sure, that wars are won by superior will-power. Now, we will wrest the initiatives from the brutal dictator Deby and impose our will on him. History has showed, in struggle against tyranny, one cannot wait to have everything perfect, but must fight in relation to the regime's strength and plight.
One last comment, Chadian people answer if they wanted to know whether they were not inherited dictator by dictator or living in democratic way with current regime: Tyrant Deby! You are one who confessed and prophesied to have brought to Chadian people “neither gold nor diamond but democracy”. To be true to one's word, please permit me to give you a standard democratic test, in which is summarized 14 years of your absolute rule! Perhaps, in your own words implied “Demo=accrue”!!! By the way, here the test is before you:
Is there right to free expression of opinion and of the opposition and criticism of the government of the day?
Have the people the right to turn out a government of which they disapprove, and are constitutional means provided by which they can make their will apparent?
Are their courts of justice free from violence by the executive and from the threats of mob violence, and free from all association with particular political parties of the regime?
Will these courts administer open and well-established laws, which are associated in the human mind with broad principles of decency and justice?
Will there be fair play for poor as well as for rich, for private persons as well as for government officials?
Will the right of individual, subject to his duties to the state, be maintained asserted and exalted?
Is the ordinary peasant or work person, who is earning a living by daily toil and striving to bring up a family free from the fear that some grim police organization under the control of single party, like the ANS, started by the tyrant Deby, will tap him on the shoulder and pack him off without fair trial to bondage or ill-treatment?
I am appealing Chadian people to rally and denounce this corrupted regime that have no respect for us, steep on us, murdered us and abused us, therefore we are no obliged to let those act of irresponsibility's and un-rightness' continue to deprive us. In other hand, I am quite sure that, democracy can not be picked up in the street by a gang of bandits from the forests or mountains or from the countryside who think that by violence they can govern the country. Finally, I hope the time is not far off when one statesman able to unite all worse and educated men of all this country and establish a uniform civil society based on the principles of the justice, democratic and equal opportunity for all Chadian disregard regional, tribal and confession, which is only are tunes and which is only can lead Chadian to happiness.
In Toronto , September 5, 2005.
Said by an independent person, Gourbal Djiddi Nokour
gourbal
28-08-05 Si j'en juge d'après mon expérience
Peuple Tchadien, tu viens d'essuyer encore un affront. Il est certainement temps que désormais, tu te mettes debout comme te l'exige ton Hymne National. Debout comme un seul homme, comme une seule femme, lèves ta tête pour recréer ton avenir. En effet, après 14 ans de mensonges, de tromperies, de pillages, il est temps d'abandonner les illusions consistant à s'attendre à l'établissement de la démocratie de la part d'une personne arrivée au pouvoir avec l'assistance étrangère, vérité qui avait valu déjà, il y a quelques années, des ennuis au journal Ndjamena-Hebdo. Car l'emprisonnement des journalistes aujourd'hui est une atteinte grave à la liberté d'expression dans un pays supposé démocratique.
Peuple Tchadien, il est certainement temps que Monsieur le dictateur Deby, rende compte de tous ces crimes commis contre ceux qui croyaient en la démocratie, aux droits de l'homme, ou à un Tchad plus juste. Certains assassinats sont restés non élucidés, une décennie après qu'ils aient été commis et les assassins libres, narguant les parents de victimes. Aujourd'hui, la violence cautionnée par le sommet s'est étendue aux enlèvements et viols des jeunes filles et jeunes femmes d'autrui, à la confiscation des biens et à l'arrestation des journalistes, derniers remparts de la défense du Citoyen !!! Et ce n'est bien sûr pas la première fois que des journalistes sont arrêtés pour avoir écrit sur les errements du régime. Le détournement de justice auquel les Tchadiennes et Tchadiens viennent d'assister, avec le soutien direct et actif de l'Ambassadeur de France qui ne s'est pas dérangé en s'ingérant de manière aussi flagrante et insultante le 14 juillet dernier doit interpeller tous ceux qui aspirent à la démocratie dans notre Pays. Il y a lieu de se demander si ces journalistes ont fait que les parents du président qui ont pris les armes ou se sont retirés à maintes reprises, tantôt dans les grottes de l'Ennedi, tantôt a n'djamena et qui, après négociations et ralliements, se sont vus attribuer des grades et postes « juteux » ? Est-ce que le « crime » des journalistes dépasse, en gravité, le cas des membres de la famille présidentielle qui ont fomenté un coup d'Etat le 16 mai 2004 ?
Les Tchadiens devraient comprendre aujourd'hui que cette tendance à se tenir silencieux parce que c'est une affaire de journaux indépendants ou tout simplement de « Sudistes » est une attitude dommageable et condamnable. Le Président l'a souvent et si bien utiliser contre les Tchadiens. Pourquoi doit-on appliquer différentes règles, différentes lois alors que l'on parle de l'égalité des citoyens devant la Loi tchadienne ?
Il est aujourd'hui temps de comprendre que les tchadiens nationalistes, progressistes et démocrates nous sommes de connivence avec les journalistes emprisonnés et bien sûre que « oui » nous sommes unanimes ; de Baibokoum à Aozou en passant par Kanem et Lac, Batha, Ouaddaï et Chari-Logone, Mayo-Kebbi, Tibesti-Guera, Moyen-Chari-Salamat et Biltine, tel un corps pour le faire ; car quand un membre du corps souffre, c'est le corps tout entier qui souffre ; une partie faisant appel à l'autre à cause de l'insomnie ou de la fièvre. Nous voudrions encore prendre à témoin la communauté nationale et internationale à travers les partis politiques, les associations de la société civile, les mosquées et églises, les missions diplomatiques accréditées au Tchad, les ONG pour de dénoncer cette politique discriminatoire et divisionniste qui est imposé au peuple tchadiens. Je voudrai demander à la communauté internationale d'exercer leurs influences et libérer ces journalistes qui sont arrêtés injustement, immédiatement sans conditions.
Pour conclure, Le phénomène Deby ! Vous ne pouvez pas échapper la justice populaire et serez puni pour les crimes que vous entraine de commettre en pleine jours, par exemple l'assassinassions l'homme de la justice et droits humane Joseph Behidi, Al-hadj Issa Gourane, Bichara Digui Degui, Bisso Mamadou, Adoum Acyle, Khafine Chadallah, Bâcher Moussa, Goukeni Guet, Abbas Koti, Docteur Guetti, Youssouf Togoimi et liste longue et j'en passe, mais a cela s'ajoute, par exemple en arrêtant des journalistes, en tuant leurs frères, en enlevant leurs filles ou en confisquant leurs biens?
Fait à Toronto le 27 Août 2005
Dite d'une personne indépendante Gourbal Djiddi Nokour
gourbal
Tchad: Le Gouvernement tchadien est décidé à rendre justice aux victimes de
Hissein Habré
Tous les complices de l'ancien dictateur vont enfin être écartés.
(New York, 24 août 2005) ? Le gouvernement tchadien a annoncé qu'il
allait démettre de leurs fonctions gouvernementales tous les complices de
l?ancien dictateur tchadien, Hissein Habré (1982-1990).
Le gouvernement tchadien a fait cette déclaration dans une lettre que le
Premier Ministre Pascal Yoadimnadji a adressée à Human Rights Watch et qui
faisait suite à un rapport publié en juillet dernier par Human Rights Watch
dénonçant les noms de 41 personnes emblématiques de l?ère Habré, pour
beaucoup accusées de tortures et d?assassinats et qui occupaient toujours
des postes de responsabilité au sein de l?État Tchad.
Le Premier Ministre a également indiqué que le gouvernement allait rapidement
d?une part examiner un projet de loi relative à l?indemnisation des
victimes du régime Habré et d?autre part construire un monument à
mémoire des victimes dès lors que les fonds nécessaires auront été
trouvés.
Human Rights Watch a accueilli très favorablement ces déclarations du
gouvernement tchadien.
« Le gouvernement a franchi un pas supplémentaire dans sa rupture avec
l?ère Habré en rejetant du gouvernement des individus sur lesquels de
graves et constantes accusations pesaient depuis des années » a ainsi
déclaré Reed Brody de Human Rights Watch. « Il appartient maintenant au
gouvernement de mettre tous les moyens en ?uvre pour que les poursuites
judiciaires à l?encontre de ces hommes aillent de l?avant et de tenir sa
promesse visant à enfin reconnaitre et indemniser les victimes du régime
Habré».
Hissein Habré, qui a fui le Tchad le 1er décembre 1990, a été par la suite
inculpé en 2000 au Sénégal de complicité de crimes contre l?humanité,
d?actes de torture et de barbarie. Cependant, les tribunaux sénégalais ont
estimé que l?ex-dictateur ne pouvait pas être jugé au Sénégal, le pays
d?exil d?Habré pour des crimes commis au Tchad. Ce dernier fait
aujourd?hui l?objet de chefs d?accusations similaires en Belgique où un
juge poursuit son enquête laquelle devrait aboutir à une demande
d?extradition.
La lettre du Premier Ministre du 18 août 2005 énonce que ?Les anciens de la
Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS) seront relevés de
leurs postes en attendant leur jugement. La procédure est en cours. Human
Rights Watch sera tenu informé lorsque tous seront relevés de leurs postes.
Certains le sont déjà.?
Parmi les personnes remplacées figurent notamment l?influent directeur de la
Police Judiciaire qui occupait sous Hissein Habré le poste de Directeur
adjoint de la Sécurité Nationale, également un chef de la surveillance
d?une préfecture qui était alors le directeur de la police politique de
Habré, la DDS (Direction de la Documentation et de la Sécurité), et un
officier identifié dès 1992 par la Commission d?enquête du Ministère
tchadien de la justice sur les crimes de Hissein Habré comme l?un des
«tortionnaires les plus redoutés » du Tchad.
La lettre ajoute que ?Le projet de loi portant indemnisation des victimes ou
de leurs ayant droits sera inscrit des que possible à l?ordre du jour de
l?Assemblée Nationale?. Il est à noter que, l?AVCRP, l?association
des victimes de Hissein Habré a communiqué, il y a quelques mois, au
gouvernement et à l?Assemblée Nationale un projet de loi d?indemnisation.
La lettre précise en outre que « l?aide de Human Rights Watch serait très
appréciée pour permettre aux magistrats d?accélérer la procédure
d?instruction des dossiers des prévenus». Human Rights Watch rappelle que
le 14 mai 2003 déjà, lors d?une réunion du Conseil extraordinaire des
Ministres, le Ministre de la Justice avait soutenu que la procédure
rencontrait des difficultés de tous ordres: financiers, humains et
sécuritaires. Le Conseil des Ministres s?était alors « engagé à tout
mettre en ?uvre pour ne pas entraver le cours de la justice, afin que la
vérité sorte au grand jour et que le procès aboutisse ». Cette décision du
gouvernement tchadien était malheureusement restée sans effet.
Cette évolution positive de l?attitude du gouvernement tchadien dans le
dossier de la DDS de Hissein Habré intervient alors que, au même moment, la
situation des droits de l?homme au Tchad prend un tournant pour le moins
inquiétant. En effet, quatre journalistes viennent d?être récemment
condamnés à des peines de prison au Tchad pour avoir publié des informations
critiques à l?égard du gouvernement.
Voici le texte de la lettre du Premier Ministre :
N?Djaména, le 18 août 2005
A
Monsieur REED BRODY
Human Rights Watch
350 Fifth Avenue, 34th Floor
New York, NY 10118- 3299
Objet : Affaire Hissein Habré
Réf. : Votre lettre du 02 août 2005
Cher Monsieur,
Par lettre citée en référence ci-dessus vous avez bien voulu me faire
parvenir une copie de la lettre que vous avez envoyée à Monsieur Barthélemy
Natoingar Mbaïnodji en sa qualité de porte- parole du gouvernement.
J?ai l?honneur de vous faire connaître en retour, que :
1. Les anciens de la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS)
seront relevés de leurs postes en attendant leur jugement. La procédure est
en cours. Human Rights Watch sera tenu informé lorsque tous seront relevés de
leurs postes. Certains le sont déjà.
2. Le monument à la mémoire des victimes des crimes et répressions politiques
du régime du Hissein Habré sera érigé dès que les moyens financiers et
matériels le permettront. L?aide de Human Rights Watch serait la bienvenue
et appréciée.
3. De même, l?aide de Human Rights Watch serait très apprécié pour
permettre aux magistrats d?accélérer la procédure d?instruction des
dossiers des prévenus.
4. Le projet de loi portant indemnisation des victimes ou de leurs ayant droits
sera inscrit dès que possible à l?ordre du jour de l?Assemblée Nationale.
Je vous prie de croire, Monsieur, à l?expression de ma parfaite
considération.
Le Premier Ministre
Chef du Gouvernement
Pascal Yoadimnadji
Résumé de l?affaire Hissein Habré
Hissein Habré dirigea l?ancienne colonie française du Tchad de 1982
jusqu?à son renversement en 1990 par l?actuel président Idriss Déby et
sa fuite vers le Sénégal. Son régime de parti unique, marqué par
l?étendue de ses atrocités, fut soutenu par la France et les Etats-Unis.
Une commission d?enquête nationale accusa le régime de Hissein Habré de
plus de 40,000 assassinats politiques et de tortures systématiques. Les
archives de la DDS, découvertes par Human Rights Watch, contiennent les noms
d?au moins 12.321 victimes et apportent des preuves sur les cas de 1.208
individus morts en détention.
En février 2000, Hissein Habré fut inculpé au Sénégal pour complicité de
crimes contre l?humanité, d?actes de torture et de barbarie mais la Cour
de Cassation sénégalaise a juge que ce dossier ne relevait pas de sa
compétence territoriale. Les victimes de Hissein Habré ont alors déposé une
plainte en Belgique sur le fondement de la loi belge dite « de compétence
universelle » qui est maintenant abrogée et le Sénégal a accepté de faire
droit a la demande des Nations Unies consistant à maintenir Hissein Habré sur
son territoire dans l?attente d?une demande d?extradition. Un juge belge
et une équipe de police se sont rendus au Tchad en 2002. Ils ont pu y
questionner les victimes de Hissein Habré et de ses complices. Ils ont visité
d?anciennes prisions et ont eu accès aux archives de la terrible police
politique de Hissein Habré. Le traitement du dossier n?a pas été affecté
par l?abrogation de la loi belge dite « de compétence universelle » parce
que d?une part l?instruction avait déjà commencée et d?autre part
plusieurs plaignants étaient de nationalité belge. Le juge belge poursuit son
instruction et l?inculpation et l?extradition de Hissein Habré vers la
Belgique restent la suite logique et espérée de cette affaire.
COMMUNIQUÉ N°013 : LE RALLIEMENT DU MDJT AU RÉGIME DE N'JDAMENA
Suite à l'accord signé entre un des mouvements constitutifs de l'Union des Forces pour le Changement (UFC), à savoir le MDJT (Mouvement pour la Démocratie et la Justice au Tchad), et le gouvernement tchadien, la Coordination de l'UFC, réunie ce jour en session extraordinaire, tient à apporter les clarifications suivantes :
L'Union des Forces pour le Changement (UFC) n'est concernée ni de près ni de loin par cet accord dont elle ignore par ailleurs les tenants et aboutissants .
La direction du MDJT, en signant un accord séparé avec le régime de N'Djamena, a délibérement choisi de violer un des principes fondateurs de l'UFC, à savoir le rejet des solutions de ralliement qui ne font que conforter le général IDRISS DÉBY dans son refus de tout traitement global et en profondeur des problèmes qui divisent les Tchadiens depuis des décennies .
En conséquence, let conformément au règlement intérieur de l'UFC, la Coordination prononce la suspension immédiate du MDJT jusqu'à nouvel ordre.
L'UFC renouvelle son appel
a) aux forces patriotiques tchadiennes de l'intérieur et de l'extérieur à redoubler de perséverance dans la lutte pour l'éradication de la dicature militaro-clanique, et
b) aux pays et organismes partenaires du Tchad à sortir de leur tête-à-tête injustifiable avec un pouvoir ultra-minoritaire et prédateur et à soutenir les aspirations légitimes du peuple tchadien à un minimum de dignité et de liberté.
Fait le 21août 2005
Pour L'Union des Forces pour le Changement (UFC)
Le Coordinateur National provisoire
ACHEIKH IBN-OUMAR
16-08-05 COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Mouvement National des Rénovateurs Tchadiens
S.G/07/MNRT/05
Le Mouvement National des Rénovateurs Tchadiens condamne sans réserve le
déni de justice en l'encontre de la directrice de publication de
l'hebdomadaire indépendant l'Observateur Mme Sy Coumbo Singa Gali.
Prononcer une peine de douze mois de prison ferme et une amande de
200.000 francs contre un esprit intelligent, courageux et libre qui ne
fait que son devoir,ne peut en aucune manière rehausser l'image plus que
dégradante d'un ordre militaro tribal honni par la majorité du Peuple
Tchadien et véritablement à bout de souffle.
Par sa détermination affichée à mettre coûte que coûte aux pas la presse
libre,idriss deby confirme preuve à l'appui à ceux qui continuent à
douter de sa nature despotique.
Le M.N.R.T réclame la relaxe sans condition de Mme Sy Coumbo Singa Gali
et de tous les journalistes incarcérés injustement.
Pour le MNRT
Le Secrétaire Général
Ali Muhammad Diallo
16-08-05
COMMUNIQUÉ DE PRESSE du CDDC
Agissons pour la presse
Tous les scénarios étaient prévisibles pour acheminer droit dans les prisons tous ceux des journalistes qui tentent courageusement d'informer les tchadiens. Le dernier en date est celui diligenté sur le Journal l'Observateur de Mme Koumbo Singa Gali . La directrice de publication de l'Observateur est emprisonnée après un pseudo procès, rejoignant ses confrères, Samory, Ngarondé et le Directeur de publication du journal le Temps Michael Didama. Quatre journalistes en prisons en l'espace de quelques jours dans la république de Idriss Deby, quoi des plus humiliants pour un régime en agonie, et quoi des plus rehaussant pour une presse martyrisée. Les vraies causes sont celles dont les militants sont incarcérés, et dont les paysans en larmes.
Fort de ses convictions de toujours et indignée une fois de plus par les actes lâches et inhumains du pouvoir au Tchad, la Coalition pour la Défense de la Démocratie et des Droits Constitutionnels condamne avec fermeté cette série d'arrestations des journalistes. Didama, Samory, Ngarondé et maintenant Koumbo purgent des peines qui, aux yeux de l'opinion suffisent à témoigner des cauchemars traumatisant d'un peuple et de la perversion d'un système politique.
La CDDC se tourne une fois de plus vers les amis du pouvoir et les consciences internationales garantes de la liberté d'expression d'entamer une action en faveur des victimes. Une attitude à pérenniser dans le temps et dans l'espace pour prévenir les dangers qui guettent la presse au Tchad.
Fait à Washington, le 16 Août 2005
Ahmat Hassaballah Soubiane
Coordinateur de la CDDC
08-08-05 REMANIEMENT AU TCHAD : 15 ministres quittent le gouvernement
Dix-huit nouveaux ministres font leur entrée au gouvernement et douze changent de portefeuilles sans qu'aucune raison officielle n'ait été avancée pour expliquer ces changements, qui interviennent deux mois après le référendum sur la Constitution tchadienne . Dans ce nouveau gouvernement de 33 membres (bien 33) contre 31 précédemment, il existe désormais deux ministères d'Etat : celui des Infrastructures, créé à la place des Travaux publics, avec à sa tête le même ministre Adoum Younousmi, et celui de l'Education nationale avec Avocksouma Djoma, précédemment à l'Enseignement supérieur. L'ancien ministère d'Etat des Affaires étrangères devient un simple ministère conduit par un ancien conseiller diplomatique du président Deby, Ahmat Allami, qui remplace Nagoum Yamassoum.(...)
Un militaire, ancien opposant au régime, fait son entrée dans le gouvernement : Le colonel Mahamat Garfa est nommé ministre des Postes. Il est suivi par quatre femmes, ce qui porte à cinq le nombre de femmes au sein du gouvernement. Lucienne Dillah, membre du Haut conseil de la Communication, est notamment nommée ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et la directrice de cabinet adjoint du Premier ministre, le Dr Chené Adoum, à l'Aménagement du territoire. Ngarbatna Sou IV se voit confier le ministère du Commerce et Mariam Ali, le secrétariat général adjoint du gouvernement en remplacement de Djividi Boukar, qui est promu au secrétariat général. Ce remaniement est le premier depuis la nomination de Pascal Yoadimnadji au poste de Premier ministre en février 2005.
(AFP)
Liste des Membres du Gouvernement du 07 août 2005
Premier ministre : Pascal Yoadimnadji
Ministre d'État, ministre des Infrastructures : Adoum Younousmi
Ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale, de la jeunesse et des sports : Pr Avocksouma Djona
Ministre des Affaires Étrangères et de l'Intégration Africaine : Ahmad Allam-Mi
Ministre de la Santé publique : Moussa Kadam
Ministre de la Justice, garde des Sceaux : Edouard Ngarta Mbaïhoroum
Ministre des Finances : Abbas Mahamat Tolli
Ministre de l'Agriculture : Albert Payimi Padacket
Ministre délégué à la présidence, chargé de la Défense nationale : Bichara Issa Djadallah
Ministre de l'Économie, du Plan et de la Coopération : Mahamat Ali Hassan
Ministre de l'Administration du Territoire : Mahamat Ali Abdallah Nassour
Ministre de la Sécurité publique et de l'Immigration : Routouang Yoma Golom
Ministre de l'Environnement et de l'Eau : Hissène Ahmat Sénoussi
Ministre de l'Élevage : Mahamat Allamine Bourma Tréyé
Ministre de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme et de l'Habitat : Dr Chéné Adoum
Ministre de l'Action sociale et de la Famille : Hassan Terab
Ministre de la Fonction publique, du Travail et de l'Emploi : Mme Fatimé Kimto
Ministre des Mines et de l'Énergie : Youssouf Abassallah
Ministre du Pétrole : Mahamat Hassan Nasser
Ministre de la Communication et de la Culture, porte-parole du Gouvernement : Hourmadji Moussa Doumngor
Ministre Chargé du Contrôle générale d'État et de la Moralisation : Mahamat Béchir Okormi
Ministre du Commerce et de l'Artisanat : Mme Ngarmbatina Carmel Sou IV
Ministre des Postes et des Nouvelles Technologies de la Communication : Mahamat Garfa
Ministre du Développement touristique : Oumar Kadjalami Boukar
Ministre délégué auprès du Premier Ministre, chargé de la décentralisation : Mahamat Abdoulaye
Ministre délégué auprès du Ministre des Affaires Étrangères et de l'Intégration Africaine : Mme Dillah Lucienne
Ministre délégué auprès du Ministre d'État aux infrastructures, chargé des transports : Emmanuel Nadingar
Ministre délégué auprès du ministre d'État à l'Éducation nationale, à la jeunesse et aux sports, chargé des enseignements de Base et du secondaire : Mahamat Maouloud Izzadine
Ministre délégué auprès du ministre d'État à l'Éducation nationale, à la jeunesse et aux sports, chargé des Enseignements supérieurs, de la recherche scientifique et de la formation professionnelle : Dr Oumar Idriss Al-Faroukh
Ministre délégué auprès du ministre d'État à l'Éducation nationale, à la jeunesse et aux sports, chargé de la jeunesse et des sports : Oumar Boukar
Ministre délégué auprès du ministre des Finances, chargé du budget : Nadjalta Mirangaye
Secrétaire général du Gouvernement : Djividi Boukar Dibeing
Secrétaire général adjoint du gouvernement : Mme Mariam Ali Moussa
01/08/05 To His Excellency president Omar Al-Bashir
Dear Mister President,
With Deep sorrow and great sadness we have heard about the passing away of Colonel JOHN GARANG DE MABIOR.
On behalf of our militants and the members of our executive staff, we extend our sincere condolences and heartfelt sympathy to the brotherly people of Sudan, to the High command of the SPLM, to Misses REBECCA NYANDENG DE MABIOR and to you personally.
We are really at loss for words to describe how saddened we feel upon reading this tragic news, particulary at this very sensitive stage of your struggle for the Unity, the Stability and Development of the Sudan.
We can assure you that the thoughts and the prayers of the Chadian people as a whole are wtih you.
Yours sincerely.
ACHEIKH IBN-OUMAR
Coordinator For UFC
Former Chadian Minister of Foreign Affairs
Date : Monday, 01 August 2005
23-06-05 REPUBLIQUE DU TCHAD UNITE –TRAVAIL –PROGRES
COALITION POUR LA DEFENCE DE LA DEMOCRATIE ET DES DROITS CONSTITUTIONNELS
APPEL A LA RESISTANCE ET A LA DESOBEISSANCE CIVIQUE
Peuple Tchadien une fois encore te voilà face à l'obstination du pouvoir de Deby. Malgré le message cinglant et sans faille que tu lui as clairement envoyé par le boycott massif du 6 juin 2005, suivi des appels de l'opposition politique de l'intérieur comme de l'extérieur, et de la société civile, Idriss Déby se ressaisit pour se donner des taux de participation imaginaire avec un vote positif tout aussi imaginaire. De fait, le Président Deby reste sourd à ce message et s'accroche au pouvoir jusqu'à la fin de sa vie ! Il se moque de tout vote exprimé ou non.
Comme la CDDC avait déjà eu à le dire, ce référendum n'était pour le Président Déby qu'un simulacre de plus pour tromper la vigilance de la communauté internationale, pour faire croire qu'il procède au tripatouillage constitutionnel selon les normes internationalement admises. La réalité – toute la vérité - est que l'homme Déby ne croit pas à la démocratie puisqu'il s'étonne qu'il existe des hommes qui croient qu'on peut conquérir le pouvoir juste en jetant des bouts de papier dans une caisse.
La violation de la constitution est aujourd'hui un fait reconnu. L'opinion internationale a été témoin de cette violation avec la publication des résultats falsifiés donnant la victoire au camp du tripatouillage au referendum.
Conformément aux dispositions de la Constitution, la CDDC appelle le peuple tchadien dans son ensemble : hommes, femmes, jeunes, étudiants, fonctionnaires, commerçants, agriculteurs, éleveurs…, à la résistance et à la désobéissance civique.
Aujourd'hui plus que jamais, Peuple Tchadien, « Ta liberté naîtra de ton courage ».
La CDDC rejette et rejettera en bloc tout ce qui découlerait de cette usurpation des droits des citoyens.
Debout pour défendre sa liberté, le Peuple Tchadien vaincra !
Fait le 22 juin 2005
Le Coordinateur
AHMAT H. SOUBIANE
20-6-05 République du Tchad Rassemblement pour la Démocratie
et le Progrès (RDP) Dignité – Justice – Travail
PRESIDENCE NATIONALE
N° 011/ RDP / PN/05 COMMUNIQUE DE PRESSE
Après une analyse approfondie des deux (2) déclarations du Secrétaire Général du MPS dénuées de tout fondement relatives au boycott et à la participation au vote référendaire du 6 juin 2005 ;
Faisant le recoupement entre les preuves, les informations que nous détenons et les déclarations fallacieuses des tripoteurs des chiffres ;
Mesurant la portée du communiqué du Gouvernement relatif au séjour privé du Président de la République en France qui fait peser de menace sur les partis politiques de l'opposition et la presse privée ;
Le Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (RDP) dénonce d'ores et déjà par le présent communiqué que toutes ces manœuvres qui ne visent qu'à préparer les esprits des forces de changement à accepter un hold up électoral bien planifié.
Il met en garde le MPS contre une telle velléité hasardeuse et périlleuse. Il lui demande en conséquence de proclamer le verdict populaire tel qu'il est dans l'intérêt supérieur du pays.
Fait à N'Djamena, le 20 juin 2005
Le Président National du RDP
LOL MAHAMAT CHOUA
COMMUNIQUE DE PRESSE
L'enlèvement et la séquestration de Monsieur EL HADJ GARONDE DJARMA, est une violation flagrante des articles 21 et 27 de la loi fondamentale du Tchad, qui stipulent respectivement : ‘'Les arrestations et détentions illégales et arbitraires sont interdites'' ; ‘'Les libertés d'opinion et d'expression, de communication, de conscience, de religion, de presse, d'association, de réunion, de circulation, de manifestions et de cortèges sont garanties à tous''.
Le Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (RDP) s'insurge contre cette pratique d'un autre âge et réclame purement et simplement sa libération.
N'Djamena, le 20 juin 2005
Le Président National du RDP
LOL MAHAMAT CHOUA
17-06-05 REPUBLIQUE DU TCHAD UNITE – TRAVAIL – PROGRES
COALITION POUR LA DEFENSE DE LA DEMOCRATIE ET DES DROITS CONSTITUTIONNELS COMMUNIQUE DE PRESSE
Tchadiens, chers compatriotes…
Depuis votre manifestation O combien expressive et patriotique, vous continuez de garder une sérénité en attendant la proclamation qui, nous le savons, ne vous préoccupe outre mesure. Une fois de plus recevez ici à travers ce message, nos félicitations pour ce dont vous avez fait montre le 6 juin 2005.
Jamais une telle occasion ne vous a été offerte pour exprimer au grand jour, sous les regards de la communauté internationale, votre dégoût de la politique de l'asservissement.
Les massacres des populations civiles, les arrestations arbitraires des journalistes, les menaces quotidiennes sur les hommes politiques et les notables traditionnels, les rackets permanentes des commerçants et l'achat des consciences ou le clientélisme, n'ont pas eu raison de vous moins encore vous intimider. Vous avez choisi de rester chez vous.
Le boycott était massif et la participation était évaluée aux alentour de 7,5% à N'djamena et de 10% à 15% dans les provinces dont la majorité à voter NON. Voila qui reflète le verdict amer et cuisant de votre acte exemplaire.
Le premier pas vers la prise en main de votre destinée est donc accompli. La prochaine étape sera aussi décisive et vous devrez redoubler de vigilance. Nous allons ensemble observer les mots d'ordre de réussite totale à savoir, ceux de la désobéissance légale une fois que la tricherie aura atteint son but et répercutée officiellement. Nous tchadiens avions besoin justement d'une telle manifestation pour sauvegarder ce boycott historique et le NON massif. Telle est désormais votre arme face à la dictature.
Le préambule de notre constitution contient les dispositions suivantes :
Proclamons solennellement notre droit et notre devoir de résister et de désobéir à tout individu où groupe d'individus, à tout corps d'état qui prendrait le pouvoir par la force ou l'exercerait en violation de la présente constitution.
Affirmons notre opposition totale a tout régime dont la politique se fonderait sur l'arbitraire, la dictature, l'injustice, la corruption, la concussion, le népotisme, le clanisme, le tribalisme, le confessionnalisme et la confiscation du pouvoir.
La démonstration de ce refus s'inscrit bien dans le concept de l'alternance pacifique prônée depuis bientôt deux ans par tous les acteurs politiques et sociaux (partis politiques, sociétés civiles, politico-militaires, étudiants, travailleurs, etc.). Cette manifestation rejoint les préoccupations maintes fois répétées des hautes instances internationales . Il s'agit d'instaurer une démocratie pluraliste, permettre la libération du génie de notre peuple dans un climat de légitimité, de bonne gouvernance, de respect de la dignité et des droits de l'homme, conditions sine qua none pour l'établissement d'une société juste et paisible.
La CDDC lance un appel aux Tchadiennes et Tchadiens à l'intérieur comme à l'extérieur du pays de se tenir prêt pour réagir par tous les moyens à leur disposition et conformément à la constitution, à l'annonce du vol en perspective.
Fait le 16 juin 2005
Le Coordinateur de la CDDC
Ahmat H. SOUBIANE
15-06-05 Déby victime de la propagande
Le N°1 tchadien n'espérait sans doute pas tant. Idriss Déby est encensé ce mois-ci par un mensuel africain édité à Paris qui écrit que « sous la conduite éclairée de l'homme du 1 er décembre, le Tchad s'achemine vers la consolidation des acquis de la démocratie et du développement économique ». Pour le journal, l'affaire est « pliée ».
Le président tchadien a d'ores et déjà remporté le référendum du 6 juin même si les résultats ne seront connus que le … 21 juin. « Afrique Diagnostic », c'est le titre du mensuel, ne trouve pas de termes assez forts pour saluer l'action d'Idriss Déby à la tête de l'Etat. Certes,
M. Déby n'a pas démérité depuis son arrivée au pouvoir il y a quinze ans mais la manière dont ce magazine parle du Tchad rappelle l'époque peu glorieuse du culte de la personnalité ou celle, toujours actuelle, des publi-reportages proposés régulièrement dans la presse africaine. Un contenu trop flatteur pour être crédible et d'ailleurs en décalage avec le message présidentiel. Idriss Déby est le premier à reconnaître que de nombreux problèmes subsistent dans son pays. On lira quand même l'article par curiosité
08-06-05 Bien Chère Madame Koumbo ,
J'ai appris par le journal d'hier votre libération et voudrais saluer votre courage face à ce déni de droit à l‘information par l'usage de l'intimidation. Recevez mes plus sincères félicitations. Une fois de plus, je réjouis très sincèrement de votre libération et celui de votre rédacteur en chef Ngaradoumbé Samory.
Je suis heureux de me joindre à tous mes compatriotes tchadiens pour vous exprimer toute ma gratitude et félicitations. C'est aussi le lieu de remercier votre Journal d'avoir publié la lettre ouverte adressée au général président Deby et par laquelle on dénonçait les arrestations au sein de la communauté Kréda. Je suis l'auteur et je voudrais vous réitérer mes plus vifs remerciements pour les services médiatiques rendus au peuple tchadien. La communauté de Kréda aurait voulu s'acquitter autrement que par de remerciements et gratitudes. Mais, si notre situation et la votre ne nous laissent guère entrevoir la possibilité de vous être jamais utile, soyez assurée, du moins, que nous serons toujours très prêt à vous témoigner notre gratitude.
Je vous souhaite la santé et le bonheur pour vous et vos collaborateurs et le succès dans vos nombreuses entreprises. Je saisis l'occasion pour remercier celles et ceux qui ont contribué à votre libération, notamment Reporters sans frontières et les différentes organisations de défense des droits de l'Homme...
Je vous prie, madame Sy Koumbo Singa Gali d'agréer, l'expression de mes sentiments respectueux et reconnaissants. Vous voudriez bien transmettre mes salutations à monsieur le rédacteur en chef Ngaradoumbé Samory,
Fait à Toronto le 07 Juin 2005
Dite d'une personne indépendante Gourbal Djiddi Nokour
gourbal
08-06-05 République du Tchad
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Rassemblement pour la Démocratie
et le Progrès (RDP) Dignité – Justice – Travail
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PRESIDENCE NATIONALE
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N° 010 / RDP/PN/05
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
En refusant massivement de sortir le 06 juin 2005, les citoyens tchadiens ont exprimé clairement leur refus de la comédie référendaire.
Un référendum qui s'est déroulé de l'avis général dans un désordre indescriptible et voulu.
En ce jour mémorable nous félicitons avec fierté tous les militants, militantes du Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (RDP), tous les patriotes tchadiens à l'intérieur et à l ‘extérieur, qui ont suivi à la lettre les consignes de boycott lancées par l'opposition lors de ce faux référendum.
C'est là un moment historique et une première, car le peuple tchadien a su répondre positivement à l'appel des forces démocratiques. C'est aussi la réponse que mérite ce pouvoir intransigeant, arrogant et despotique qui dirige notre pays. Il s'agit en fait d'un véritable camouflet pour le MPS qui a mené une campagne aussi assourdissante que factice.
L'étape du 06 juin 2005 constitue un tournant décisif, car elle témoigne d'une prise de conscience aiguë et nouvelle du peuple tchadien face à son destin.
Aujourd'hui, il est clair que le ras – le- bol des populations tchadiennes est à son comble et cela fonde tous nos espoirs quant à l'avenir de notre pays.
Aujourd'hui plus qu'hier l'espoir est permis !
Contrairement à ce que certains pensaient, le boycott aussi est un droit, un moyen légitime et approprié d'expression. Il représente aujourd'hui une grande victoire pour le peuple tchadien .
Quels que soient les chiffres qui sortiront de la machine de fraude du MPS, il est clair que la victoire est bien du coté du peuple tchadien.
Nous lançons un appel solennel en direction de tous les fils du Tchad, de tous les démocrates afin qu'ils restent unis, solidaires, combatifs disciplinés et déterminés.
Le combat politique est toujours long, mais aujourd'hui nous sommes arrivés à un point où rien ne pourra plus être comme avant.
Nous demandons également à l'opinion internationale de prendre acte de ce qui s'est passé réellement le 06 juin 2005 et d'aider le peuple tchadien à reprendre en main son destin.
Fait à N'Djamena, le 07 juin 2005
Le Président National du RDP
LOL MAHAMAT CHOUA
07-06-05
L'intention du Ministre de l'enseignement supérieur, De la recherche scientifique, et de la formation professionnelle.
Il serait indispensable de vous relater en détails notre situation dramatique qui nous consume tant, et vous ignorez toujours de considérer humainement les revendications des étudiants face à une situation dégradante que nous subissons.
Aujourd'hui nous sommes privés de nos complément de bourses faces à ces difficultés sociales, nous sommes restés les plus démunis de tous les étudiants étrangers, la perte de notre dignité et la souffrance morale ainsi que le désespoir menant à la perte de notre fierté ; malgré la richesse de notre pays le bien aimé à l'heure ou le Tchad fait partie du pays producteur du pétrole.
En effet Monsieur le Ministre, nous sommes très reconnaissant de ce que l'Algérie à fait pour nous, car elle nous octroie des bourses et en plus de cela, elle nous donne une bourse de 2.700 DA par trimestre ( chaque 3 mois ), équivalent à 25.000 Fcfa , cela veut dire que 8.500 Fcfa / mois , cela est très insuffisant Aujourd'hui, pour permettre à l'étudiant Tchadien de se prendre en charge.
En ce qui concerne la prise en charge des étudiants, se trouvant à l'étranger, l'état Tchadien s'est engagé par le biais de l'arrêté de bourses qui stipule en ces articles, deux (2) et trois (3) respectivement ce qui suit :
- Les étudiants auront droit chacun à 30.000 Fcfa, d'indemnité annuelle pour inscription et fournitures scolaires .
- Et si la bourse versée par le gouvernement du pays d'accueil est inférieure au taux de la bourse nationale, ces étudiants peuvent prétendre à un complément de la part de l'état Tchadien.
Il est à signaler qu'en Algérie, la bourse versée par l'état Algérien est très inférieure au taux de la bourse nationale, ce qui implique le versement de complément de bourses par le Tchad à ses étudiants, conformément à l'article 3, leurs permettant aux étudiants de joindre les deux bouts.
Ceci dit Monsieur le Ministre depuis dix huit ( 18 ) ans, notre pays a délibérément choisi de nous refuser le complément de bourses qui est pourtant avéré dans nos arrêtés de bourse délivré par la tutelle.
Surtout quand nous savons que la lettre N° 412/MEN/SE/87 du 04 Mars 1987 suspendant le complément de bourses accordé aux étudiants, ne pouvait pas abrogé ce degré, il est à rappeler que cette lettre a instauré la formule de l'aide forfaiture qui est de 50.000 Fcfa par an (insensé) , je dis bien
Et dans le pire de cas, Monsieur le Ministre, vous avez refusé catégoriquement ce l'aide forfaitaire destinée aux étudiants, ce qui reste à savoir ce l'aide forfaitaire est reconnue officieusement ou officiellement par l'état ?
Ce qui est nuisible encore, c'est le seul pays ( Tchad ) au monde qui n'arrive pas à assurer le transport de ces étudiants boursiers, qui viennent par la voie terrestre, et voir même les bousiers militaires, c'est déplorable et humiliant.
Monsieur le Ministre, il faut comprendre notre souffrance est très plus dangereuse que vous imaginez
Pendant les grandes vacances, nous sommes entassés au foyer dans des conditions misérables, aujourd'hui nous sommes plus en mesure de nous supporter avec tout ce qui nous revient comme charge estudiantine, et nous constatons dans notre effectifs :
- Des cas d'abandon
- Des troubles mentaux
- Et des malades qui on perdu leurs vies.
Après plusieurs mouvement de revendication auprès de notre Ambassade qui n'ont accouchées que des promesses fallacieuses et pire encore, la situation socio-économique a décidément changé dans ce pays (Algérie) compte tenu de sa transition vers le capitalisme et à la mondialisation de son économie.
Par ailleurs, les bureaux passés et le bureau présent ont tenu informés suffisamment par de nombreuses lettres les autorités Tchadiennes (Présidence, Assemblée Nationale, Ministre des Affaires Etrangères, des finances, de l'enseignement supérieur, et secrétaire général du gouvernement), de notre situation sociale humiliante et de nos revendications légitimes.
Maintenant nous allons décider un sit-in massif au niveau de la direction de la coopération Algérienne pour un rapatriement définitif de l'ensemble des étudiants, et d'entamer une campagne de sensibilisation et d'information des chancelleries étrangères : l'UNESCO, la Banque Mondiale , et les autres ONG.
Monsieur le Ministre, aujourd'hui les étudiants Tchadiens à l'étranger ne réclament pas plus que le minimum de leurs droits pour survivre et faire vivre notre cher pays le bien aimé à l'avenir.
En vous exprimant à l'avance notre très chère gratitude, et nous vous prions de bien vouloir agréer Monsieur le Ministre, l'hommage de notre profond respect.
SOUMAINE TAGUINA
Ingénieur d'application en
exploitation Pétrolière Option : Forage
et éleve Ingénieur en Géophysique
à l'université de Boumerdes.
20 février 2005, Série: Démocraties sous la loupe
LA VILLE POUBELLE
Ouimet, Michèle
N'Djamena - Le Tchad, pays oublié, enclavé au milieu de l'Afrique. Qui se soucie des 1,3 million de Tchadiens qui s'entassent dans la capitale insalubre, N'Djamena? Sûrement pas le gouvernement, trop occupé à se maintenir au pouvoir et à étouffer toute forme d'opposition. Dans ce deuxième volet de notre série sur la démocratie, notre journaliste Michèle Ouimet trace le portrait d'une ville à la dérive.
" C'est une ville poubelle, une des plus sales au monde. Vous avez vu les tas d'ordures dans les rues? "
Saleh Kebzabo, député et ancien ministre, n'est pas tendre pour sa ville, N'Djamena, la capitale du Tchad, pays perdu au milieu de l'Afrique.
Un vent chaud souffle sur la ville et soulève des tourbillons de poussière. Le midi, tout est paralysé, liquéfié par la chaleur. Les rares passants qui s'aventurent dans la rue rasent les murs ou se tiennent en grappe sous les arbres pour profiter de l'ombre. Les enfants qui mendient tendent mollement leur gamelle. L'été, le thermomètre oscille autour de 45°; l'hiver, il se tient obstinément au-dessus de 25°.
" Souvent, les gens n'ont ni eau ni électricité pendant une semaine, 10 jours. C'est la catastrophe. Surtout pendant la canicule, quand la température frise les 50° ", dénonce le président de la Ligue tchadienne des droits de l'homme, Dobian Assingar.
Les problèmes d'approvisionnement en eau sont chroniques, l'électricité n'est pas fiable et certains quartiers sont plongés dans le noir pendant des semaines. " Ça fait six ans qu'on n'a pratiquement pas d'électricité. Il est inimaginable d'avoir un pays sans électricité! " s'offusque Oulatar Begoto Yaldet, directeur de N'Djamena Hebdo, journal reconnu pour sa liberté de ton.
En 1995, il a été arrêté et battu par la police. L'interrogatoire a duré une nuit. " J'ai porté plainte, mais ça n'a rien donné ", dit-il en soupirant.
Déchets et choléra
La ville est insalubre, le choléra est réapparu. Selon l'ONU, il y aurait eu 3000 cas depuis août dernier.
Il n'y a aucun dépotoir à N'Djamena, où s'entassent pourtant 1,3 million d'habitants. Les gens jettent leurs ordures dans la rue. Dans certains quartiers, elles forment un monticule assez gros pour empêcher les voitures de passer. Quand il pleut, l'eau recouvre les immondices et les gens pataugent dans cette purée où on trouve de tout: des morceaux de fer rouillé, des bouts de bois, des sacs de plastique, de la nourriture en décomposition, des carcasses d'animaux...
" N'Djamena forme un plateau avec de légères dépressions. Quand il pleut, l'eau s'accumule dans ces cuvettes naturelles et stagne, explique Cédric Enyenge Essombe, chef de projet en assainissement urbain à CARE, un organisme non gouvernemental. Les gens se construisent à côté de ces grandes flaques putrides."
Dans ce pays deux fois grand comme la France, il n'y a que 320 kilomètres de routes asphaltées et pas de chemin de fer. La capitale ne fait pas exception, la plupart des rues sont en terre battue avec, en prime, d'énormes nids-de-poule.
" Les gens comblent les trous dans les rues avec leurs déchets, soutient Cédric Enyenge Essombe. Ça fait des années que ça dure. C'est un désastre pour la santé publique et l'environnement. Il s'est d'ailleurs développé un marché des déchets. Quand l'éboueur passe, les gens lui achètent ses ordures plutôt que de lui donner les leurs. "
La ville n'a pas les moyens de ramasser les détritus, alors certains quartiers s'organisent et forment des comités d'assainissement.
Coupeurs de route
Même phénomène pour la sécurité. Devant l'incompétence de la police, quelques quartiers ont mis sur pied des comités d'autodéfense. La nuit, ils patrouillent les rues de 1 h à 4 h 30.
" On forme quatre patrouilles d'une dizaine de personnes et on sillonne le quartier avec des sifflets, des lampes électriques, des bâtons, des arcs et des flèches, explique Jeff, un des membres fondateurs du comité d'autodéfense du quartier populaire d'Ardep-Djoumal. Quand les voleurs nous attaquent,pas on réplique. "
Les quartiers ne sont les seuls à assurer leur propre défense. Les ambassades, les banques, les hôtels et la plupart des commerces embauchent des gardes privés. Les compagnies qui offrent ces services se frottent les mains, les affaires sont florissantes.
" Au milieu des années 90, les agences de sécurité se sont multipliées. Aujourd'hui, il y en a une quinzaine à N'Djamena seulement ", note le président de la firme Garantie sécurité privée, Ali Annadif. À lui seul, Annadif emploie 2000 gardes qu'il paie 60 000 francs CFA par mois (150 $).
La population de N'Djamena se méfie de la police. Et pour cause.
" Les chefs recrutent leur propre milice. Ils les habillent, les arment et les encouragent à arnaquer la population, puis ils se partagent le butin, soutient le président de la Ligue des droits de l'homme, Dobian Assingar. L'État paie les policiers avec des mois de retard. Ils ont des familles, des enfants à nourrir. La tentation est forte. "
" À l'extérieur de N'Djamena, ajoute-t-il, les chemins sont infestés par les coupeurs de route. Des hommes armés arrêtent les voitures et vous arrachent tout ce que vous avez. "
Excédé par le climat d'insécurité qui empoisonne le pays, l'évêque de N'Djamena, Mathias Ngartery, a, dans un geste sans précédent, publié une lettre pour dénoncer le parfum de corruption qui flotte autour du président Idriss Déby. Le chef de l'État concentre tous les pouvoirs entre les mains de son ethnie, les Zaghawas, qui ne constituent pourtant que 2 % de la population, accuse Ngartery.
" On a senti le besoin d'écrire cette lettre parce la corruption gangrène toutes les institutions de l'État, dénonce l'évêque. De graves lacunes affectent les services publics et les salaires sont versés avec des mois de retard. Tous ces problèmes engendrent la violence. La situation est grave. L'opposition politique n'est pas crédible, presque tous les partis se sont ralliés à Déby. Moralement, l'Église ne pouvait pas se taire. "
Officiellement, le gouvernement n'a pas réagi à la lettre incendiaire de l'évêque qui a fait le tour du pays, mais, dans les coulisses, Mathias Ngartery a reçu un coup de fil discret. " On m'a dit que ma prise de position était politique et que j'outrepassais mon rôle ", dit-il en haussant les épaules.
Selon l'organisme Transparency International, le Tchad fait partie des 10 pays les plus corrompus au monde.
Une ville abandonnée
Le maire de N'Djamena, Dago Yacoub, proteste: " Ma ville est verdoyante! " Mais il ne nie pas les problèmes et il se lamente devant le manque chronique d'argent.
" Le développement se fait de façon anarchique, dit-il. Les gens s'installent n'importe où. Ils s'abritent sous une hutte puis ils construisent un mur et ça devient un quartier. "
Environ 300 000 personnes squattent ainsi la ville. N'Djamena est aussi hantée par les " enfants de la décharge " qui vivent en fouillant dans les poubelles.
La ville est laissée à elle-même, abandonnée par le pouvoir. Ironiquement, c'est l'une des plus chères au monde. Le litre d'essence, par exemple, se vend 500 francs CFA (1,25 $), une fortune pour les Tchadiens qui ne gagnent, en moyenne, que 210 $ US par année.
Pourtant, le sous-sol du Tchad est riche: or, uranium et, depuis 2003, pétrole. On calcule que l'or noir rapportera la coquette somme de 1,8 milliard de dollars US au cours des 30 prochaines années. Pour l'instant, les habitants de N'Djamena n'en ont vu ni la couleur ni les bienfaits.
Pour les Tchadiens, il n'y a qu'un coupable, un responsable de tous leurs malheurs: le président Idriss Déby.
Illustration(s) :
Skinner, Bob
Les habitants de N'Djaména se promènent au milieu des déchets, indifférents à la saleté qui les entoure.
2005 La Presse ,tchadien.com
La Presse
, dimanche 20 février 2005, Série: Démocraties sous la loupe
Le pouvoir clanique du Tchad
Ouimet, Michèle
N'Djamena - Au Tchad, c'est le clan, l'ethnie, qui tire les ficelles du pouvoir. Le président Idriss Déby et les membres de son clan, les Zaghawas, contrôlent les postes clés, des ministères stratégiques, comme les finances et les douanes, en passant par les sociétés d'État.
Ngarlejy Yorongar connaît bien le président du Tchad, Idriss Déby. Ensemble, ils ont minutieusement préparé le coup d'État qui a renversé le dictateur Hissène Habré, en 1990.
Très vite, soutient Ngarlejy Yorongar, Idriss Déby a éliminé ceux qui l'avaient porté au pouvoir. " J'ai été arrêté 13 fois, battu et torturé, raconte-t-il. Je suis un homme mort en sursis. "
Saleh Kebzabo, aussi, connaît bien Idriss Déby. Il a été ministre dans son gouvernement dans les années 90, mais les deux hommes ont vite divergé d'opinions et leurs routes se sont séparées. " C'est Déby et les membres de son ethnie, les Zaghawas, qui exercent tout le pouvoir, dit-il. Les ministres ne font que de la figuration. Au Tchad, le pouvoir est clanique. Il existe un cercle restreint autour du président qui accapare tout. Le but avoué est de protéger le clan et de garder le pouvoir à tout prix. "
C'est le clan zaghawa qui distribue les postes clés. " Daoussa Déby, le demi-frère d'Idriss Déby, contrôle la Société nationale d'entretien routier, explique Nadjikimo Bénoudjita, directeur du journal Notre temps. Son fils, Ibrahim, est son conseiller spécial, ses soeurs contrôlent la douane et, jusqu'à tout récemment, son beau-frère était ministre des Finances. "
Les deux hommes, Saleh Kebzabo et Ngarlejy Yorongar, continuent de se battre contre le régime Déby. En 2001, ils ont été candidats à l'élection présidentielle. Officiellement, Idriss Déby a gagné, Yorongar est arrivé deuxième et Kebzabo, troisième. Dans les faits, l'élection a été truquée. Grossièrement truquée, selon Amnistie internationale.
Au lendemain des élections, Yorongar et Kebzabo ont été arrêtés et jetés en prison parce qu'ils avaient contesté les résultats. Ils ont été relâchés au bout de quelques heures. Yorongar a été torturé.
L'opposition reste famélique et elle est éclatée en une soixantaine de partis. " C'est vrai, reconnaît Yorongar, l'opposition est morcelée, affaiblie, mais nous n'avons pas les moyens de faire fonctionner nos partis politiques et nous ne recevons aucune aide du gouvernement. "
" Les gens gagnent en moyenne moins d'un dollar par jour. Comment voulez-vous qu'ils contribuent à un parti politique? " demande Oulatar Begoto Yaldet, directeur de la revue N'Djamena Hebdo.
Malgré l'absence de moyens, Yorongar et Kebzabo restent des opposants féroces. Ils méprisent Idriss Déby. " C'est un alcoolique et il a une vie dissolue ", soutient Yorongar.
" Il n'a pas l'étoffe d'un chef d'État, ajoute Saleh Kebzabo. Son maître à penser, c'est l'ex-dictateur Hissène Habré. Déby a d'ailleurs été son chef d'état-major pendant les années les plus noires de la dictature. "
Selon Amnistie internationale, " malgré les promesses d'Idriss Déby de mettre fin aux violations des droits de la personne, peu de temps après son arrivée au pouvoir, les mêmes pratiques, les mêmes violations, voire les mêmes auteurs ont réapparu. (...) Meurtres et arrestations massives furent de nouveau signalés dans le pays et on reparlait de torture et de disparitions dans les mêmes centres de détention où, naguère, avaient retenti les cris des opposants à Hissène Habré. "*
Président à vie?
En mai dernier, Idriss Déby a changé la constitution afin de solliciter un troisième mandat en 2006. L'Assemblée nationale a adopté la modification à main levée. Résultat du vote: 123 pour, 0 contre.
Mais le clan zaghawa est divisé. " Il est conscient que le pouvoir de Déby est une catastrophe, explique Yorongar. Son problème est simple: comment lâcher Déby tout en gardant le pouvoir? "
Que Déby parte ou reste, il devra rendre des comptes, soutient le président de la Ligue tchadienne des droits de l'homme, Dobian Assingar. " L'époque a changé depuis Hissène Habré, dit-il. Avant, les dictateurs pouvaient régner sans se faire déranger. Aujourd'hui, les droits de l'homme veillent au grain. Si Déby quitte le pouvoir, nous porterons plainte contre lui devant les instances internationales, pour qu'il réponde de ses crimes devant les tribunaux. "
* Amnistie internationale. L'Héritage Habré, 2001.
LIBERTÉ ET DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
Revenus: Pays libre / Liberté partielle / Pays de liberté
Revenus faibles (moins de 1850$ CAN/an): 15 / 39 / 37
Revenus moyens (1850$ à 7400$): 35 / 11 / 7
Revenus élevés (7400$ et plus): 38 / 5 / 5
Source: Freedom House, 2004
Illustration(s) :
Skinner, Robert
À N'Djaména, la vente illégale d'essence, embouteillée dans des contenants usagés, fait fureur.
© 2005 La Presse.
dimanche 20 février 2005, Série: Démocraties sous la loupe
Un univers contrôlé par les détenus
Ouimet, Michèle
La vieille prison de N'Djamena, au Tchad, est laissée à elle-même. Ce sont les prisonniers qui la dirigent et rares sont les gardiens qui osent s'y aventurer. Si la vigueur d'une démocratie se mesure à la santé de ses institutions, le Tchad fait figure de cancre et mérite de se classer bon dernier dans le palmarès des démocraties.
Les gardiens ne sont pas les bienvenus à l'intérieur des murs de la vieille prison de N'Djaména.
Lorsque la lourde porte de métal se referme sur un prisonnier, il entre dans un univers entièrement contrôlé par les détenus. La prison leur appartient et ils la dirigent d'une main de fer.
La capitale du Tchad, en Afrique centrale, n'a qu'une prison. Construite à l'époque coloniale, elle tombe en ruines. Sale, insalubre, surpeuplée, elle loge environ 900 prisonniers alors qu'elle ne peut en accueillir que 300. " Les conditions sanitaires sont catastrophiques et la nourriture est infecte ", affirme soeur Laïla, qui s'occupe du dispensaire et visite régulièrement le centre de détention.
Les détenus ont pris le contrôle de la prison et ils ont mis au point une organisation réglée au quart de tour. Ils ont désigné un président, un vice-président, un maire, un maire adjoint, un conseiller, un contrôleur, un secrétaire, un responsable des douches, un chef de corvée et un commandant de brigade.
Les règlements sont écrits sur un mur: si un détenu vole ou se bagarre, il reçoit 25 coups de fouet, s'il trahit, il a droit à 50 coups. S'il a de l'argent, il évite le fouet en payant une amende.
C'est le commandant de brigade, Adoum Moussa, qui supervise la discipline. Grand gaillard déluré, avec des épaules larges comme un pan de mur, il possède beaucoup de pouvoir et les détenus le craignent. " Les gardiens mettent rarement les pieds ici ", dit-il.
C'est lui qui nous fait visiter la prison. Tout y passe: la cuisine avec ses quelques casseroles noircies où flotte une sauce au poisson dont les relents assommeraient un boeuf, les toilettes malodorantes, les cellules sombres, étouffantes, coiffées d'un toit en tôle ondulée qui les transforment en four.
Les cellules donnent sur une grande cour en terre battue. Certains prisonniers se sont construit des cabanes en pisé (mélange d'eau, de terre et de sable) pour éviter de vivre dans les cellules. La grande cour s'est tranquillement transformée en capharnaüm avec de petites ruelles qui courent entre les cabanes improvisées.
Les prisonniers se promènent librement dans la cour, car les cellules n'ont pas de porte. Ils flânent, s'ennuient, jouent aux cartes, bavardent ou prient. Et ils saluent respectueusement le commandant de brigade, Adoum Moussa.
Nadjikimo Benoudjita, directeur du journal Notre Temps, a goûté à la prison. Il y a passé deux mois en 2003 à la suite de la publication d'un article sur une sombre histoire de bijoux volés impliquant la belle-mère du président Idriss Déby.
" C'est un monde à part, un État dans un État, avec ses institutions, ses lois et son organisation, dit-il. La prison est laissée à elle-même et ce sont les détenus qui s'occupent de tout. On y jette les gens pêle-mêle, adultes et mineurs, qu'ils aient tort ou non, qu'ils soient accusés de meurtre ou en attente d'un procès. "
Cette autogestion déplaît à la nouvelle directrice de l'établissement, Assia Mahamat Abbo. " Dans ce système, les forts dominent les faibles, déplore-t-elle. Ils se punissent entre eux. La prison devrait être gérée par l'État, mais le gouvernement n'a pas d'argent. "
Ce n'est pas demain que Mme Abbo va révolutionner la prison de N'Djaména. " On ne veut pas brusquer les prisonniers, dit-elle, prudente. On essaie de s'harmoniser avec eux. "
L'univers des femmes
Dans la section des femmes, complètement séparée de celle des hommes, il n'y a ni surpeuplement ni discipline de fer. Elles ne sont qu'une quarantaine. Elles, aussi, se sont dotées d'une organisation avec une présidente, une vice-présidente, etc. Mais contrairement aux hommes, il n'y a pas de coups de fouet. " S'il y a des femmes qui refusent de travailler, je ne fais rien, explique la présidente, Priscille. Je n'ose pas les confronter, sinon elles m'insultent. "
Et les gardiens? " Ils rentrent seulement s'ils ont une mission. Sinon, ils ne viennent jamais ici ", répond-elle.
Chez les femmes, deux grandes cellules débouchent sur une cour où les prisonnières, assises sur des nattes, tuent le temps en jouant aux cartes, en tressant leurs cheveux ou en cuisinant. Au fond de la cour, deux casseroles mijotent sur un feu de bois.
Plusieurs femmes vivent en prison avec leurs enfants. Elles n'ont personne pour les garder alors ils restent avec leur mère. Il y en a une dizaine; la plus vieille a 5 ans.
Hommes ou femmes, tous se plaignent de la lenteur et de l'arbitraire du système judiciaire. Plusieurs clament leur innocence, certains affirment qu'il sont là depuis des mois voire des années en attente de leur procès tandis que d'autres jurent que l'administration a égaré leur dossier et qu'ils doivent allonger quelques milliers de francs CFA pour qu'il réapparaisse. " C'est vrai, confirme le journaliste Nadjikimo Benoudjita. La moyenne d'attente en prison pour un petit délit est de trois ou quatre mois; pour un crime, ça s'étire sur trois ou quatre ans. Et si finalement vous êtes innocent, eh bien! vous aurez fait de la prison pour rien! "
TCHAD
Population : 8,6 millions
Capitale : N'Djamena
Dirigeant du pays: Idriss Déby (président)
Dernières élections: 20 mai 2001
Religions: musulmans (51 %), chrétiens (35 %), animistes (7 %), autres (7 %)
Espérance de vie: 44,7 ans
Nombre de médecins par 1000 habitants: 0,03
Pourcentage d'analphabétisme: Hommes : 44,0 - Femmes : 60,7
Population urbaine: 24,9 %
Revenu annuel moyen par habitant: 250 $ US
Produit intérieur brut (PIB) par habitant: 1151 $ US
Dépenses publiques Éducation (% du PIB) : 2,5
Dépenses publiques Défense (% du PIB) : 1,4
LA LIBERTÉ EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays libres: 11 pays
Liberté partielle: 20 pays
Pas de liberté: 17 pays
Source: Freedom House, 2004
Illustration(s) :
Skinner, Robert
Dans le pénitencier surpeuplé de N'Djamena, les prisonniers décident de tout: la discipline, les repas, le code de vie. Et ceux qui désobéissent aux règles reçoivent des coups de fouet... donnés par les prisonniers.
© 2005 source La Presse. tchadien.com
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